| Saveurs de l'irtale Je me souviens de cette autre vie J'y avais pris quelques habitudes Je me souviens de ces ombres fines Qui le soir venu se dégageaient des cimes Pour que s'ouvre l'espace et que prime Le nom de la liberté de l'hymne Partir et oublier les ires Goûter à l'entame de la flamme Ne pas répondre aux appels du pire Pour que s'effacent et sèchent mes larmes Je me souviens de cette lumière Qui illuminait cet autre chemin Et qui me tentait à arpenter ce petit passage entre les terres Qui m'invitait en son sein Je me souviens des couleurs de l'or Je me souviens des saveurs cerises De ce temps où je ne savais pas encore Comment apprécier la mise J'imagine la douce fraîcheur De cette vie que j'aurai aimé mener Se dégage et se distille cette liqueur Que j'aimerais tant goûter Embrumé par les saveurs d'antan La bohème nous offre ses jours et ses nuits sans lendemain Elle nous attire hors du temps Et on ne se soucie plus de la faim Une autre vie émane des bribes de nos errances Une incursion où l'on oublie l'usuel et le quotidien Émaillé par l'effervescence Je me libère et je vogue Arrivé aux abords de la limite Je suis prêt et je ne peux lui résister Pourvu que ça n'aille pas trop vite Bigre je suis tellement tenté de m'y laisse porter Attiré et happé vers cette indicible alliance Qui me couvre de sa transe Je n'esquive cette naturelle nonchalance Car j'y cherche un sens, en proie vers l'attirance La bohème nous délivre de ces chaînes Qui nous brisent et nous retiennent La bohème nous libère de ces lois qui nous cernent La bohème nous affranchi de cette indicible peine La bohème tel ce fluide invisible Nous offre cette chance encore une fois Elle nous inonde, nous exonde et nous rend invincible Je la désire car elle est pure, elle de soie Elle nous entraine dans la ronde Et elle attend qu'on lui réponde La bohème nous propose de faire un tour Sur des chemins d'entre-deux cours L'on s'y laisse porter au détour Et oui je suis pour Tel un éternel rêveur Tel un sil errant Je n'ai plus peur des leurres J'ôte mes gants Je trace ma route dans les brumes et les vapeurs urbaines Et je sais que les essences seront saines Je capte le souffle du temps qui me pénètre Je m'évapore et j'entre dans le passage À l'écoute du son qui a le mérite De donner ampleur à cette mélodie qui m'invite Tout mon être est à l'écoute et mon intime est aux aguets Alors je fais fi de tous ces cris Je perçois les imprimés et leur apprêts La grande faille s'immisce et se glisse sans bruit Loin des superficiels Libéré des artificiels Je surfe et je retiens les essentiels Je deviens pluriel Je goûte le miel Je fais fi du fiel Je vis un autre réel Je flâne et vagabonde Je trace ma route Une impression, une indicible sensation me gagne Alors arrive le fil qui me mène vers l'antre d'Adonis Et j'ouvre le grand livre des fables de l'Ilde Pour que s'exprime l'eau vive |