| L'Arrivée Arrive la fin de l'été À l'orée de l'automne Le soleil se fait plus fragile L'astre de feu devient fébrile Les lunes d'octobre Se reflètent sur les falaises de l'Arc Planent et s'affranchissent les ombres Des Alizés qui dispersent les pétales J'hume les essences et les vapeurs du crépuscule Qui s'évaporent, happées par le souffle de la Terre Chahutées, les couleurs se bousculent Et je surfe sans effort sur les années rivières La fraîcheur de la nuit apaise mes cris Elle étoffe ces amères senteurs qui vagabondent Je perçois les saveurs captives qui se lient Et je sais que bientôt j'entrerais dans la ronde Alors je quitte mon repaire Je glisse vers la lumière Qui m'emporte et me perd Au de-là des frontières S'invitent certains accords Emportées les subtiles essences Qui fusent et effleurent la surface de mon corps La tentation m'étreint et elle me mène vers l'abondance des sens Les douces nuances parfumées des orangeraies Distillent leurs effluves au gré de l'aisance Elles bercent mes pensées et soignent mes plaies Bien plus que je n'y pense Portées par les vents des mers Mes attentes appellent celle qui saura Par-delà les hautes terres Me redonner la voix et conquérir mon aura Perché sur le grand rocher bleu Je capte les derniers reflets de feu Qui embaument le ciel De leurs teintes pastelles si belles Je sais que bientôt s'ouvrira le passage Pour que vivent les lueurs irisées de l'Opale Je m'émerveille sans cesse de l'infinie sagesse Je capte l'intensité qui se déverse J'ouvre la dernière porte Je ressens ce flux qui m'emporte Durant quelques seconde je serais dedans Vers cette ivresse, un instant je l'approche Je perçois cet ultime désir qui flâne dans l'air du temps Et je décroche |